A propos du projet



CONTEXTE
Avec une succession de guerres interdépendantes couvrant plus de quinze années, un certains nombre de conflits dévastateurs avec Israël, une suite ininterrompue d’assassinats ciblés et de tensions internes, le Liban porte un héritage douloureux de violations des droits de l’homme et des droits humanitaires – dont la plupart n’ont pas été traitées de manière sérieuses ou transparentes. Aujourd’hui, ce fardeau rend le Liban vulnérable aux sursauts de violence.

En conséquence, la génération d’après-guerre est extrêmement sensible à toute forme de manipulation politique. Qui plus est, il existe aujourd’hui une tendance général qui tend à glorifier la guerre et ses " héros ", ou du moins, à normaliser la guerre et la vie durant la guerre.
Aujourd'hui, une plus grande attention portée sur les conséquences de la violence, ses impacts, peut encourager la jeunesse à tirer les leçons du passé. Les pousser de cette manière à s’engager et à les rendre acteurs dans ce processus peut générer un mouvement de compréhension partagée des souffrances liées à la guerre qui pourrait les rendre moins enclins à participer à des actions violentes partisanes.

OBJECTIFS
Ce projet a 5 objectifs :

Objectif 1: Améliorer la compréhension des jeunes en ce qui concerne la violence politique et ses conséquences pendant la guerre civile;
Objectif 2: Faire prendre davantage conscience des impacts de la guerre à la génération des parents des jeunes;
Objectif 3: Promouvoir le dialogue entre deux générations dans un environnement bien encadré et sécurisé;
Objectif 4: Former les lycéens à faire de l’histoire orale et du témoignage un moyen pour eux de tirer des enseignements en vue d’un présent et d’un futur proche;
Objectif 5: Créer une archive regroupant les histoires des expériences humaines durant le conflit. Cette archive, mis à la disposition d’un plus large public, sera disponible aux écoles qui pourront en faire usage comme bon leur semble en fonction de leur propre programme.


METHODOLOGIE
Un comité consultatif, composé d'universitaires, de spécialistes en santé mentale et de militants a d’abord été formé pour discuter du projet. Ce comité s'est réuni le 22 Octobre 2010, dans les bureaux du CEMAM, USJ. Le groupe comprenait des représentants du CEMAM, de l'USJ, d'ICTJ, ainsi que le Directeur Général du Ministère de l'Éducation, un représentant de l'Union Européenne; un psychiatre, un psychologue pour enfants et pour jeunes, des membres des départements d'histoire et de sociologie à l'USJ, l’ONG Al Jana et le Comité des familles de personnes enlevées et disparues au Liban.

Les membres du comité ont approuvé le projet, et ont offert un certain nombre de recommandations qui ont été prises en compte au fur et à mesure que le projet s’est développé; comme, par exemple, la mise en place de groupes de discussion, en s'appuyant sur des ressources déjà existantes, la formation des enseignants pour accompagner les élèves; garder les enfants dans un environnement sécurisé (les entretiens devant être individuels, avec des proches et des gens de confiance ainsi que la famille).

Le projet a impliqué 12 écoles du Grand Beyrouth. Cela inclue:

- Les directeurs d'école qui approuvaient le projet et qui étaient disposés à s'y engager; ont rendu leur avis aux coordinateurs du projet, et ont nommé le professeur qui assurera la liaison sur le projet;
- Les professeurs, nommés par les directeurs d'école, ont assisté à la formation d'une journée dédiée aux enseignants, puis ont participe a la formation de deux jours consacrée à leurs élèves. Ils ont assuré la liaison entre les étudiants et les coordinateurs du projet à mesure que les élèves recueillaient les témoignages, pour s'assurer que les étudiants bénéficiaient d'une source concrète de soutien, d’un suivi et faisaient preuve d’une participation active;
- Les étudiants: deux élèves de 2nde de chaque école (ou en deuxième année au lycée) ont été sélectionnés par le directeur de l'école pour participer à ce projet. Ils ont assisté à des formations de deux jours, après quoi ils ont chacun été chargé de mener deux programmes audio d’enregistrements d’interviews avec des membres de leur environnement immédiat (famille, voisins, amis) qui avaient le même âge qu’eux pendant la guerre. Cela se déroulera sur une base entièrement volontaire, avec pour seuls participants l'élève et un membre de confiance de son environnement.
 
Les entretiens ont été répartis selon la langue utilisée puis placés dans les centres de recherche de UMAM Documentation and Research et du CEMAM. Cela signifie que ces entretiens deviendront une base de travail inépuisable pour les chercheurs et pour les activistes, ainsi qu'un pilier de référence pour les efforts futurs de collecte des récits sur le passé. Développer des entretiens permet également de préserver la mémoire des personnes interrogées, et ce au service de toute la société.

Ce projet possède également un deuxième volet, qui comprend des entretiens réalisés entre des étudiants dont des parents sont décédés ou disparus suite au conflit avec des Palestiniens ayant connus des expériences similaires au Liban. Comme le site internet est en perpétuel évolution, des résumés de ces entretiens seront ajoutés au fur et à mesure et donc bientôt disponibles à la consultation.
Ce site électronique a été élaborée avec l’aide de l’Union Européenne et l'Ambassade de Suisse au Liban. Le contenu de ce site électronique ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de celui de l’Union Européenne l'Ambassade de Suisse au Liban.

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